On peut schématiquement classer les gués en deux
catégories :
- Les gués qui en sont vraiment, c'est à dire qu'ils ont été conçus
pour être franchis sans pont, ni bac, le niveau d'eau et la dureté du sol permettant le
passage d'un véhicule sans qu'il disparaisse sous l'eau ou ne s'enfonce dans la boue. Qui
d'ailleurs n'a pas vu ces magnifiques photos dans lesquelles on voit un 4X4 traversant un
cours d'eau dans de magnifiques gerbes d'eau. Très photogénique, n'est-ce pas ? Mais à
éviter. Afin de ne pas infliger de choc thermique trop important à votre mécanique
(surtout pour les moteurs refroidis à l'air), franchissez les gués lentement, ou laissez
refroidir le moteur avant de vous engager.
- La deuxième catégorie de gués, ce sont les gués accidentels. Un cours d'eau sorti de
son lit qui coupe une piste, un pont qu'on a oublié de construire ou qui s'est
écroulé...
Gués
> Vérifiez sur le manuel
d'entretien de votre véhicule, la profondeur maximum franchissable par votre 4x4. Cette
profondeur ainsi que la nature du terrain doivent être compatibles avec les possibilités
de votre véhicule, ceci afin de vous éviter de vous retrouver "planté" en
plein milieu du gué.
> Évaluez la force du courant, la profondeur de l'eau, la stabilité
du terrain, et dégagez les obstacles (pierres, morceaux de bois, etc.) qui auraient pu se
mettre là.
> Afin de ralentir la progression de l'eau dans le compartiment
moteur, vous pouvez mettre un plastique devant la calandre.
> Bouchez le regard sous le carter d'embrayage, et rendez étanche le
trou prévu pour la jauge d'huile.
> Votre progression devra être lente, et autant que possible,
régulière, ceci afin de créer une vague devant le véhicule que vous devez faire
attention à ne pas rattraper (la vague bien sur).
> Attention à ne pas, tant que faire se peut, s'aventurer dans le lit
des courts d'eau en aval des barrages et retenues d'eau. En effet, un fonctionnement
imprévisible de ces ouvrages peut entraîner une brutale montée des eaux.
> Idem pour les lits d'oueds dans le Sahara, les montées d'eau
peuvent y être brutales et puissantes au point d'être suffisamment fortes pour emporter
votre véhicule.
> La deuxième catégorie de gués, ce sont les gués accidentels. Un
cours d'eau à traverser qui coupe une piste, un pont qu'on a oublié de construire ou qui
s'est écroulé, et cette satanée rivière qu'il faut malgré tout passer. Quelles
solutions adopter alors ?
Franchir un "faux
gué"
> Avant de tenter quoi que ce
soit, vérifiez sur vos cartes que vous n'avez pas la possibilité de franchir la rivière
à un autre endroit (pont, gué, bac, etc.). > Si aucun moyen d'éviter
cette partie de la route n'existe, il est temps de retrousser ses manches et le bas de son
pantalon.
> Avant de vous engager, il
vous faut faire une reconnaissance à pied, et évaluer la force du courant, la profondeur
de l'eau, la stabilité du terrain, et dégager tant que faire se peut, les obstacles
(pierres, morceaux de bois, etc.) se trouvant sur le passage que vous aurez défini pour
votre véhicule.
> Toujours à pied, décharger au maximum ce que contient le véhicule
(nourriture, couchage, etc.) sur la rive opposée, au sec. L'intérieur du véhicule doit
contenir le minimum d'objets, et ces derniers doivent bien être isolés de l'humidité,
toutefois vous pouvez en laisser quelques uns comme les bagages sur la galerie, et bien
les arrimer. Le but de la manœuvre étant de protéger votre chargement de l'eau et
de l'humidité.
> Arrimez avec les sangles et les courroies dont vous disposez, le
véhicule sur la rive à joindre. Il s'agit ici d'atteler le véhicule à quelque chose de
solide, afin que lors de la traversée, il ne se mette pas à dérivez pour je ne sais
où, sous la force d'un courant.
> Enlevez la courroie du ventilateur, afin que celui ci ne se
transforme pas en hélice à bateau.
> Afin de lui éviter un trop gros choc thermique, laissez refroidir
le moteur.
> Vérifiez l'étanchéité des parties électriques.
> Protégez le filtre à air afin qu'il ne se transforme pas en filtre
à eau. Le risque majeur de ce genre d'exercice est l'entrée d'eau dans le moteur par le
filtre à air. Il existe d'ailleurs des dispositifs pour rehausser cette prise d'air
(Schnorchel). Sachez que l'eau est très mauvaise pour les moteurs, et même si on a vu
des 4X4 s'enfoncer jusqu'au toit puis ressortir de l'eau, cette manœuvre est loin
d'être recommandée, bien au contraire.
> Quand tous ces préparatifs sont terminés, démarrez votre
véhicule, choisissez le plus petit rapport de votre boîte, et le régime moteur le plus
élevé, afin de vous éviter de caler.
> A petite vitesse, sans faire patiner l'embrayage, dirigez-vous vers
la rive opposée.
> Faîtes attention aux obstacles que vous pourrez rencontrer, car
même si, comme nous vous l'avons précisé plus haut, vous avez "nettoyé" le
passage, le courant peut entre temps avoir amené d'autres débris.
> Si vous calez au milieu de ce "faux-gué," n'essayez pas
de remettre le moteur en route si celui ci se trouve en partie ou totalement dans l'eau.
Vous devez sortir le véhicule de l'eau avec un treuil et des sangles, et une fois au sec,
démonter les bougies (d'allumage pour un moteur essence, de préchauffage pour un
diesel), faire tourner un peu le moteur au démarreur pour évacuer l'eau des chambres de
combustion, sur les moteurs à essence, nettoyer pour les sécher, les têtes d'allumage
avec un chiffon sec, enfin, sécher les freins qui risqueraient eux aussi de ne pas
fonctionner correctement (notamment les freins à tambour).
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